« A long terme, c’est la pensée elle-même qui en pâtira » : les traducteurs face à a montée en puissance de l’IA.
Un article de Corinne Bouchouchi, 26 février 2025
Un article de Corinne Bouchouchi, 26 février 2025
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Chères autrices, Chers auteurs, En 2024, la SGDL s’est mobilisée pour faire introduire dans le « Règlement européen sur l’intelligence artificielle » (« IA Act ») certaines dispositions visant à protéger vos œuvres. Cette mobilisation a porté ses fruits puisque le règlement adopté prévoit désormais trois obligations pour les acteurs de l’IA : – qu’ils soient transparents sur les contenus utilisés pour développer ou entraîner leurs outils d’IA ; – qu’ils sollicitent l’autorisation préalable des titulaires de droit pour pouvoir utiliser leurs œuvres ; – qu’ils rémunèrent les auteurs en cas d’utilisation autorisée. Malgré cela, certains acteurs de l’IA ont utilisé et continuent d’utiliser des œuvres protégées par le droit d’auteur pour développer, enrichir ou entraîner leurs modèles d’IA, sans avoir recueilli l’autorisation préalable des titulaires de droit, ni négocié les conditions de cette utilisation. Face au constat d’un pillage massif d’œuvres protégées par le droit d’auteur, la SGDL a activé, le 7 février 2025, un droit d’opposition (« opt-out »), prévu par les textes en vigueur, afin d’interdire toute utilisation des œuvres des auteurs membres de la SGDL par des IA ou dans le cadre d’opérations de fouille de textes et de données. En tant qu’association reconnue d’utilité publique ayant pour mission statutaire de « défendre le droit d’auteur à l’échelle nationale, européenne et internationale, ainsi que les intérêts moraux et patrimoniaux des auteurs de livres », la SGDL a activé ce droit d’opposition au nom de son intérêt légitime à agir pour protéger vos œuvres et préserver les droits fondamentaux des auteurs qui en sont membres. Les acteurs de l’IA devront se rapprocher de la SGDL pour obtenir, dans un format « lisible par machine » ainsi que le prévoient les dispositions légales en vigueur, la liste des œuvres qu’ils ne sont pas autorisés à utiliser. Ces œuvres devront immédiatement être retirées de l’ensemble des corpus et des bases de données qu’ils ont constitués pour développer ou entraîner leurs modèles de langage. Par ailleurs la SGDL a rappelé que les acteurs de l’IA qui auraient utilisé ou utiliseraient des contenus protégés par le droit d’auteur sans l’autorisation préalable de leurs auteurs s’exposent à des poursuites, y compris pénales. Et la SGDL se réserve la possibilité d’engager toute action à leur encontre. La SGDL reste pleinement mobilisée pour protéger vos œuvres et défendre vos droits. Solidairement, La SGDL |
un article publié le 07/ 07/2023 sur le site de l’Agence Régionale du Livre en PACA, volet VIE DU LIVRE
ATLAS et l’ATLF – les deux associations représentantes des traducteurs et traductrices littéraires en France – alertent sur la propagation de l’intelligence artificielle (IA) dans leur domaine. Pour elles, « la traduction doit continuer d’être défendue comme une activité intellectuelle, nécessaire, bénéfique et profondément humaine. Un métier de l’esprit, un artisanat de l’écrit qui doit être plus que jamais soutenu, et rester indépendant des développeurs de logiciels qui n’ont d’intelligent que le nom ». Dans une Tribune de plusieurs pages, dont nous vous proposons un extrait, elles énumèrent les différentes problématiques soulevées par l’utilisation de ce nouvel outil et appellent les pouvoirs publics et les professionnels du livre à soutenir les traducteurs·trices et les auteurs·trices ainsi que leur métier.
un article d’Antoine Oury, sur le site ActuaLitté, 11 juillet 2023
L’émergence et le développement des intelligences artificielles génératives, capables de rédiger en quelques secondes un texte, remettent en question le statut de l’œuvre d’art. Et appellent une revalorisation du caractère original de cette dernière. Un projet de loi propose de rééquilibrer le partage de la charge probatoire en cas de contestation de l’originalité, pour ne plus laisser le créateur en position de faiblesse.
Photographie : Tingey Injury Law Firm (Unsplash)
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Un article de Zoé Picard, 26/05/2023
« En plein développement, fortement médiatisées, les technologies d’intelligence artificielle s’« entrainent » en moissonnant et traitant des textes librement accessibles en ligne. Une directive européenne récente introduit même une exception au droit d’auteur pour la « fouille de textes et données », dès lors qu’un contenu est accessible en ligne. Mais les éditeurs peuvent s’y opposer assez simplement… »
transmission par Joëlle Wintrebert